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Arcanes Mineurs – La Suite de l’Épée et ses Significations

La suite de l’Épée des Arcanes Mineurs, est riche en imagerie, constituée de 10 cartes à nombre et de quatre honneurs comme les autres suites des Arcanes Mineurs, évoque des prises de décisions, des choix, le dépassement des obstacles par l’intellect.

Clé du Tarot

Les cartes de la suite de l’Épée

Accédez directement aux pages dédiées de chaque carte :

L’As

Le 2

Le 3

Le 4

Le 5

Le 6

Le 7

Le 8

Le 9

Le 10

Valet

Cavalier

Reyne

Roy

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Comment Interpréter la Symbolique de l’Épée

En premier lieu, l’Épée est faite pour trancher, quel que soit le domaine où elle apparaît (argent, profession, etc). Elle demande donc une prise de décision parfois cruelle et douloureuse, mais nécessaire et efficace. La décision doit être juste et honnête.

Elle est le courage et la loyauté, le don de soi au profit des plus faibles, le moyen de vaincre définitivement les épreuves (maladies, peines, difficultés,…), et une menace impressionnante qu’on brandit en guise de protection.

L’Épée avive les idées, leur donne du tranchant, elle clarifie la pensée. Elle symbolise l’activité réfléchie, la méditation et la lutte guidée par l’intellectualité et la parole.

Elle combat la malveillance, la bêtise, l’ignorance. Ou bien elle est la malveillance et le mensonge.
Car l’Épée possède un double tranchant. Elle rappelle la dualité, comme en astrologie le signe des Gémeaux, de la Balance et du Verseau. Elle est le bien comme le mal.

Généralement, elle est signe du dépassement de soi et de l’élévation de l’esprit.

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Les Représentations de la Suite de l’Épée

Dans les dix cartes avec numéro de la suite mineure de l’Épée, la lame apparaît une fois sur deux, et la dixième carte montre deux épées dont les pointes se croisent. L’épée est remplacée dans les cartes II, IIII, VI et VIII par des fleurs différentes. Contrairement aux autres emblèmes, à part dans la carte numéro un, l’épée n’est pas l’élément qui tient la plus grande place quand elle est dessinée dans la carte.

La première carte à nombre est toujours la plus belle. Ici, elle est tenue par une main ferme, elle est auréolée de flammèches et sa pointe passe dans une couronne royale richement décorée. Elle est pointée vers le haut, elle est bleue, c’est la souveraineté de l’activité cérébrale, de la créativité par la pensée et par l’inspiration artistique. Elle est à la fois symbole de la puissance de l’intellect et du raffinement de la personnalité.

Dans les autres cartes à nombre, les fleurs, même quand elles sont coupées, montrent le rayonnement de l’intelligence et du souci de l’esthétique. Elles signifient que celui qui possède une épée est avant tout un esthète, une personne raffinée et à l’intellect fleurissant.

Quand l’épée est remplacée dans l’image par une fleur centrale, on reconnaît l’appartenance des cartes à la suite de l’Épées grâce aux fines tiges qui se recourbent gracieusement et symétriquement. Ces tiges sont l’annonce pour le consultant d’un équilibre spirituel et mental, la promesse d’une personnalité harmonieuse.

Les épées dans les cartes à nombre, quand elles sont dessinées, sont enfermées dans l’ovale des branches. Les cartes III, V, VII et VIIII signifient donc que l’effort mental est accompli dans un isolement propre à la méditation. Tandis que les deux épées de la carte X, par leurs gardes et leurs pointes, sortent du cadre ovale. Le consultant qui tire cette carte est assuré d’une réussite complète, il peut atteindre la réalisation de son idéal, parce qu’il est devenu apte à s’ouvrir à d’autres voix que celles de son moi intérieur. Et en entrecroisant ses tendances féminines et ses tendances masculines, ses envies épicuriennes et ses envies spirituelles, il touche à l’harmonie intérieure.

Dans les Honneurs, les épées diffèrent par la façon dont elles sont portées, la longueur, la couleur et la direction dans laquelle elles sont pointées. On peut y ajouter la taille: par exemple, le Roy et le Cavalier se doivent d’avoir l’arme la plus impressionnante car ce sont des adultes confirmés et virils.

Seul le Cavalier empoigne fermement la garde de son épée.Il est cérébral mais c’est aussi un battant, il va pourfendre les idées reçues qui se passent de siècle en siècle et font partie d’une sagesse collective qui porte vers le conformisme. Son épée dirigée vers le passé signifie qu’il s’attaque à ce qui le freinera dans sa progression, à grands renforts de pensées structurées et efficaces. L’épée est sa revendication à la liberté de pensée et à l’unicité. Je suis moi et je ne veux ressembler à personne d’autre.

La Reyne aussi se doit de porter l’emblème, pourtant signe de puissance de destruction et de combat mortel. Mais chez elle, cette puissance noble est intellectuelle et spirituelle. La Main gauche de la Reyne d’Épée (celle des sentiments et des émotions) appuie l’épée sur son ventre de femme enceinte, signe de création et de vie. Pour la Reyne, l’épée n’est pas un signe de virilité ou de puissance physique triomphante. C’est la protection contre toute agression, le rempart entre ce qui lui est cher et ses ennemis. C’est aussi sa force mentale et le lien entre le corporel et le spirituel, les forces d’en haut et celles issues de la terre.

Le Roy d’Épée, bien que portant l’épée la plus impressionnante , détourne son regard de son arme. Son épée est couleur chair, elle signifie son appartenance au commun des mortels, et la pression que sa chair exerce sur lui. Mais elle est dressée entre les influences de son éducation familiale ou de son instinct animal, et son envie d’aller vers l’avenir de son propre chef pour atteindre son idéal .
Elle signifie aussi selon les cas qu’une personne influente va intervenir dans la vie du consultant pour l’aider, comme la Justice, à trancher un problème.

L’épée du Roy possède une garde raffinée. Elle est signe d’une intelligence tout en finesse et en recherche de la beauté en toute chose. Négativement, cette garde symbolise les intrigues et les ruses. Elle symbolise une personne qui divise pour mieux arriver à ses fins.

Le Valet d’Épée, enfin, porte son épée avec la pointe près de sa tête, comme si elle était trop lourde pour lui, et le fourreau rouge qu’il tient dans l’autre main montre qu’il hésite entre utiliser son arme et la remettre en place.

La pointe dirigée vers la tête signifie que le consultant est dans un moment de doute. Il hésite entre deux solutions à un problème, entre agir ou laisser faire. Va-t-il se lancer, ou remettre la conception d’un projet à plus tard?

Cette épée creuse et tenue négligemment indique le principal problème du Valet: il veut comprendre si ses tendances féminines le poussent à être une femme, ou si ses tendances masculines lui demandent d’être un homme. Va-t-il se laisser porter par ses émotions et son imagination, son envie de raffinement, ou rester viril et terre à terre?

Négativement, cette épée est le signe du mensonge, de la fanfaronnade, de pulsions émotionnelles non guidées.

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L’Épée dans la vie courante

Par définition, l’épée est une arme faite d’une lame d’acier pointue qui est fixée à une poignée munie d’une garde (c’est à dire la barre transversale qui empêche la main de glisser, et c’est éventuellement la protection rajoutée au manche pour couvrir la main).

A l’origine, c’était une arme offensive, réservée aux personnes nobles placées au commandement d’une armée: les généraux au temps des Romains, plus tard les Cavaliers et le Roi.

Contrairement au sabre, l’épée est à double tranchant et sa lame est fine. C’est l’arme distinctive par excellence des Chevaliers.

La création de l’institution de la Chevalerie, sous l’influence de l’Eglise et de la religion, est le chef-d’œuvre de l’époque féodale. A la fin du X° siècle, «un effort exceptionnel a été fait pour affiner la société féodale et faire dériver l’ardeur combative de la noblesse dans le sens de la protection des faibles.» (extrait de «Histoire du peuple français, des origines au moyen-âge», par Régine Pernoud ). Le public visé était les jeunes gens de condition noble. La chevalerie était une sorte d’initiation à la vie, qui a vite pris une allure de sacrement. Arrivé à l’âge de 17 ou 18 ans, le jeune homme, jusque-là écuyer au service d’un seigneur, était adoubé au cours d’une cérémonie quasi religieuse, après s’être préparé par une méditation dans le recueillement d’un monastère. La veille de la cérémonie, après s’être purifié par un bain, le damoiseau passait la nuit entière en prières dans la chapelle du château ou dans une église. Son épée était déposée sur l’autel.

Au XIII° siècle, on disait que l’épée avait deux tranchants parce qu’elle servait «à frapper avec l’un le riche qui opprime le pauvre et avec l’autre le fort qui opprime le faible». Ainsi le vrai chevalier devait posséder « valeur de corps et bonté d’âme» (bonté signifiant à l’époque «bravoure»). Il se devait d’avoir une âme supérieure. La Chevalerie poussait donc au dépassement de soi, tant du point de vue physique que moral.

Le Roi, lors de son Sacre, devenait aussi un arbitre, un justicier. Son épée était le signe d’un esprit supérieur et d’une droiture sans faille.

L’épée, signe de grandeur et de noblesse, fut pendant un long moment indissociable du cheval. Par exemple, sous Charles V, l’idée de valeurs chevaleresques persiste, et on réserve à la piétaille (les soldats qui vont à pied) un rôle effacé. Par exemple on garda longtemps la coutume de placer à la tête de l’infanterie, en guise de commandants, des chevaliers illustres, comme Bayard.

Aujourd’hui on se sert de l’épée comme d’une distinction honorifique. Les Académiciens de la langue française, par exemple, la portent à la ceinture. C’est un symbole de majesté intellectuelle et créatrice.

L’épée est une des trois armes utilisées dans le sport de l’escrime. Dans ce cas, seuls comptent les coups portés sur le corps entier avec la pointe. L’épée suppose de l’habileté et de la stratégie.
Les expressions contenant le mot «épée» sont parlantes. Par exemple, on a l’expression «porter un coup d’épée dans l’eau»: c’est faire un effort inutile, sans résultat. L’épée, en symbolique négative, peut être signe d’échec et d’efforts inutiles.

L’expression «mettre l’épée dans les reins de quelqu’un» signifie le harceler, le presser. Ainsi, négativement ou pas, l’épée symbolise la douleur et la pression que cause un effort longtemps tenu. L’épée explique au consultant que la réussite ne sera ni facile, ni fulgurante.

Ou alors on utilise l’image de «L’épée de Damoclès», suspendue au-dessus de notre tête, comme une menace dont on ne sait pas quand elle peut devenir active.

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L’Épée et les Arcanes Majeurs

L’Épée est peu utilisée dans les arcanes majeurs. Elle apparaît chez le Bateleur, sur la table qui porte les éléments possibles pour un débutant qui recherche son indépendance. C’est le poignard, forme raccourcie de l’épée. Il rappelle que l’épée est destinée à trancher, donnant la possibilité de se libérer. L’épée/poignard du Bateleur indique à celui qui se lance dans la vie active l’importance de l’intellectualité, qui prépare à agir de façon efficace.

Dans la carte de la Justice, nous avons le glaive de l’équité, c’est le moyen de trancher entre le bon et le mauvais, le passé et le présent, c’est la victoire incontestée sur les hésitations.

Avec le Diable, comme avec le petit monstre juché sur la Roue de la Roue de Fortune, l’épée est réduite à sa lame, elle est sans garde apparente. La lame est le signe d’une supériorité qui touche au divin, elle est imparable quand elle frappe et impitoyable quand elle tranche. Elle est pure.

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L’Épée et les autres enseignes d’Arcanes Mineurs

Une seule carte mineure d’une autre suite possède une épée. C’est la carte de la Reyne de Coupe. Elle est tenue par la main gauche, celle des sentiments et des émotions. Cette main est d’habitude réservée à la réceptivité plutôt qu’à l’action. L’épée ici est symbole de haute capacité d’intuition et d’une tendance à la spiritualité. L’épée est blanche et fine. Elle est féminisée. C’est un signe de pureté et de finesse de pensée.

Pourtant elle n’en reste pas moins une arme avec laquelle la Reyne de Coupe écarte tous ceux qui l’importunent ou veulent l’exploiter. Cette reine est une personne passive, elle aime attendre, mais elle ne manque pas de caractère et sait se défendre quand c’est nécessaire.

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Derniers mots sur la suite de l’Épée

A part dans la carte numéro dix de la suite de l’Épée, l’emblème est comme une antenne dirigée vers le haut. Elle touche l’Air, capte les forces du cosmos, tire vers le haut. Elle est de tout temps l’apanage de la noblesse, noblesse de pouvoir, noblesse d’esprit. C’est une arme plus subtile que le Bâton, elle tranche proprement tandis que le Bâton écrase et réduit en bouillie. Le résultat est le même, c’est le franchissement de l’obstacle, des blocages. Mais l’Épée scinde en deux, met une frontière entre le danger et nous, tandis que le Bâton l’anéantit. L’Épée est la finesse de la pensée, le bâton est la force primaire et instinctive.

Pourtant, la symbolique de l’Épée est facilement versatile: par exemple, selon la situation évoquée par les arcanes majeurs d’un tirage, une carte de la suite de l’Épée venue compléter la lecture peut représenter l’intervention dans la vie du consultant d’une personne mal intentionnée, à l’intelligence tortueuse, dont il doit se méfier, surtout si c’est le Valet d’Épée.

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Conseils

Choisissez votre arme de prédilection. Si c’est l’épée, faites un travail mental : visualisez l’épée, imaginez son action, faites passer en vous sa force et son acuité. Aiguisez-vous!

Mais ne devenez pas un Valet indigne de porter cette arme chevaleresque, un traître félon qui se sert de sa force pour blesser ou détruire moralement des gens de bien.